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Ironman de Nice vu de l'intérieur par Erwan Layec

Après un voyage étalé sur plusieurs jours, il est temps de procéder à un petit compte-rendu de l'Ironman de Nice. Les Ironman sont souvent l'occasion de beaux voyages mais la France a la chance d'héberger une telle épreuve. Déjà présent en 2006, j'ai finalement renouvelé l'expérience cette année même si l'aventure du Grand Prix de Duathlon avec mes coéquipiers du Triathlon du Pays Grassois me mobilise.
Profitant de la proximité de l'épreuve niçoise, je prends la route jeudi en direction de Nice afin de profiter un peu du séjour. Comme pour la majorité des concurrents, ces derniers jours sont essentiellement consacrés à la récupération. L'ouverture du parc le samedi permet de constater que Nice a franchi un nouveau palier tant au niveau de la participation que de l'organisation. Malgré une participation nettement en hausse, l'organisation renseigne avec le sourire et gère le parc de main de maître.
Après une nuit assez courte et un solide petit-déjeuner, il est temps de prendre la route. L'heure est à la concentration mais je reste détendu. La consigne du jour est de prendre du plaisir en faisant le maximum pour franchir la ligne d'arrivée heureux et sans regret.
Un dernier passage dans le parc donne l'occasion de gonfler les boyaux, vérifier le Cervélo. L'heure du départ approchant, je me dirige vers la ligne de départ afin de choisir tranquillement le sas de départ où me rejoignent à l'approche du départ Marcel Zamora, Gilles Reboul, René Rovera !
Le départ se passe bien et je me dégage de la masse, au contact de Zamora dont je distingue le bonnet vert. Prudent, je préfère temporiser et rétrograde dans le groupe, avant d'être finalement distancé avant la première bouée. Les sensations sont plutôt moyennes et je profite du groupe pour garder un tempo honnête. La natation passe finalement assez vite. Au vu du chrono sous les 55', cette première épreuve s'est plutôt bien passée.

Le vélo démarre plutôt tranquillement car la remontée du Var reste un agréable préambule avant les Gorges du Loup et le col de l'Ecre, la principale difficulté du parcours. Je vois ainsi revenir des pros comme Jeuland, Dodet ou encore Claes. Toujours prudent, je reste dans mon allure, laissant partir ces outsiders de même que le lonsois Stalder, cycliste réputé sur le circuit du Grand Prix de Duathlon.
La bascule du col permet de relancer l'allure et rester au contact d'un groupe formé durant les vingt kilomètres de l'ascension du col. Les kilomètres passent sans que l'allure ne faiblisse. Toutefois, la montée de Coursegoule laisse germer une pointe d'inquiétude. Les écarts avec les hommes devant moi se creusent tandis que mes quadriceps deviennent douloureux. L'explication de ce fléchissement viendra quelques kilomètres plus loin quand j'entends un rayon rompre sur ma roue arrière ! La roue va alors venir frotter régulièrement contre la base du vélo avant que je solutionne le problème en mettant régulièrement une claque pour replacer la roue dans l'axe. Malgré ces péripéties, je conserve un bon rythme car j'ai constaté du demi-tour vers le col de Vence que le groupe me précédant n'est finalement pas très loin tandis que les écarts sont assez nets derrière. Les longues descentes, présentes dans le dernier tiers du parcours sont également d'un grand soutien mais j'assiste finalement au retour de D. Duchêne et de quelques hommes après Gattières. Une dernière petite claque replace ma roue avant de reprendre le plat nous ramenant vers Nice en repassant par Saint-Laurent du Var. la roue tient toujours et surtout reste dans l'axe, ce qui me permet de rejoindre la seconde transition en ayant récupéré.

Une rapide transition et je me dirige vers la sortie du parc en jetant un coup d'œil sur le chrono qui indique … 6h12 ! Rassurant car un marathon en 3h30 m'assure un temps sous les 9h45. Je ne m'emballe pas, au contraire de l'allemand revenu sur moi sur la fin du vélo mais je le rejoins avant le demi-tour de l'aéroport. J'en profite pour voir un beau groupe comprenant notamment les pros Jonathan Léger, Australien installé à Bruxelles et auteur de plusieurs Top 10 sur le circuit IM, R. Cadière, L. Dodet ou encore Olivier Lyoen, vainqueur en 18-24 à Hawaï en 2005. Certains affichent déjà des signes de fatigue alors que cela va assez bien pour moi. Le retour vers la ligne d'arrivée et le second tour me permettent de doubler plusieurs concurrent, avec parmi eux deux concurrents de mon groupe d'age.
Un nouveau coup d'œil sur le chrono à la fin du second tour m'incite à ralentir un peu la cadence. Une rapide soustraction m'indique un passage au semi-marathon avoisinant les 1h30, soit un marathon en 3h ! L'ambiance pousse au dépassement mais le souvenir du fléchissement dans l'ultime tour en 2006 me fait ralentir et à ma grande surprise, l'aixois Arnaud Coste, doublé plus tôt, revient. J'augmente alors l'allure jusqu'au demi-tour de l'aéroport et l'écart avoisine alors plus de 45''. Je retombe alors dans le faux rythme du troisième tour pour conclure le marathon mais ma prudence permet un nouveau retour du combatif aixois à l'approche du dernier kilomètre. Cela me réveille et j'accélère alors en deux temps pour me diriger vers la finish line et finir en 9h22'40 !!

Je franchis la ligne heureux de ce chrono nettement au-delà de mes prévisions les plus optimistes mais le meilleur est encore à venir. Assistant à l'arrivée des derniers concurrents sur le site Internet de l'épreuve, j'en profite pour consulter les classements car les 10 kilomètres du parcours sont vites devenus trop étroits pour accueillir les 1300 futurs finishers et j'ai quitté le site sans connaître mon classement ! Cette lecture me permet d'apprendre que je me classe finalement 14ème et remporte mon groupe d'age des 25-29 ans ! Autant dire que l'ambiance est à la joie et aux rêves car cela m'ouvre les portes d'Hawaï, site des championnats du monde Ironman et lieu de naissance du triathlon.

Ce beau résultat nécessite un nouvelle retour sur la Promenade des Anglais afin d'assister à la cérémonie de remise des places pour Kona et celles des Awards un peu plus tard. L'ambiance est à la détente et à la convivialité, chacun étant heureux d'entrevoir les plages du Pacifique durant la cérémonie. J'en profite pour discuter avec des concurrents belges et suisses et refaire la course de la veille. La remise des prix organisée durant la pasta-party est l'occasion de savourer la montée sur le podium.

Après quelques jours de repos, il sera temps de débuter une nouvelle épreuve avec la recherche des financements et partenariats afin de m'aider à financer le voyage et préparer au mieux l'épreuve hawaïenne. Cette phase est délicate mais j'espère que ma motivation et mon énergie convaincront des partenaires ! Cette qualification va modifier mon programme de compétition mais la quatrième étape du Grand Prix de Duathlon, organisée à Calais, reste à mon programme ! Prochaine course à venir le 7 juillet avec le gratin mondial du duathlon !!

Par Erwan Layec (Triathlon du Pays Grassois)
Julliet 2007